Coup de coeur Ciné : Lake Tahoe

Un film qui part d’un événement banal pour aller à la rencontre de personnages légèrement déglingués et carrément attachants, voici à première vue le propos de Lake Tahoe, second long métrage du mexicain Fernando Eimbcke.
Juan, un ado plutôt réservé, heurte un poteau sur une route déserte à l’entrée d’une ville pas tellement plus vivante. A pied, il rejoint le centre-ville à la recherche d’une personne qui pourrait le dépanner. Très vite, il se rend compte que cela risque d’être long, très long… mais pas sans surprise.
Entre un vieux garagiste bedonnant et désoeuvré qui le prend pour un voleur, un mécanicien kungfuka qui préfère partager avec lui les secrets des moines Shaolin plutôt que de l’aider à réparer sa voiture et une jeune maman plus portée sur le rock’n’roll que sur le pouponnage, la quête de Juan prend des allures proche du rocambolesque. Puis, derrière les allers et venus du héros, se dessine peu à peu le cœur du film : la mort et le travail de deuil. Primé à Sundance, ce drame d’une grande sensibilité parvient à traiter d’un sujet grave sans sombrer dans le pathos et se permet même de basculer tendrement vers le comique.
Lucile Pescadère
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