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Interview > les jolies chansons d’Elise Belmont

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Ce qui est bien avec Elise Belmont, c’est qu’elle a la plume à la fois précise et curieuse. Loin de tout nombrilisme, elle nous raconte la vie d’un épouvantail raté, entremêle tranches de vie et esquisses de dessin, se rêve en muse de Georges Brassens, Alain Souchon et autres illustres chanteurs ou dresse un vibrant hommage à la paresse. Pour ne rien gâcher, son interprétation impeccable donne encore plus de corps aux images qu’elle fait défiler dans nos oreilles. Alors comme on aimait beaucoup son EP « C’est con le bonheur », ses concerts et ses textes, nous sommes allés lui poser quelques questions, aussi bien sur sa musique que sur les vicissitudes d’une carrière de chanteuse.

Pourquoi avoir décidé de devenir chanteuse ?
C’est pas un métier ça ?

(Rires) En fait, je pense que c’est par amour de la musique et puis aussi pour la scène. Pendant longtemps, je ne pensais pas qu’on pouvait faire de la musique son métier. Dans le travail, il y a la notion de contrainte or quand on chante, on prend son pied. C’est seulement après mes études (qui ne menaient qu’à des boulots qui ne plaisaient pas) et une bonne année de réflexion, que j’en suis revenue à l’évidence : la musique, la scène et l’écriture.

On a tendance à dire qu’être artiste, ça ne s’enseigne pas dans une école. Pourtant tu as fait une école de chanson ? Peux-tu nous dire ce que cela t’a apportée ?

Je trouve que c’est péter plus haut que son cul de penser qu’être artiste ne s’apprend pas à l’école. Tout s’apprend, la chanson comme l’écriture. On ne devient pas chanteur en claquant des doigts. Alors, bien sûr qu’on peut travailler en dehors de l’école. Mais je trouve que c’est une chance de pouvoir le faire dans une structure spécialisée, en l’occurrence la Manufacture chansons. Il y a des trucs qu’on ne peut pas apprendre seul et on gagne vachement de temps on se les faisant enseigner par des gens expérimentés.

Une fois sortie de l’école, quelle est la première chose à faire pour une chanteuse débutante ?

Il faut être entourée. A la manufacture chanson, en première année on est 30. En deuxième année, on est 12. Deux de mes très bonnes amies ne sont pas passées en deuxième année. Et quand elles sont sorties de là, où on est comme dans un cocon, elles ont vécu un gros choc. Et, je me suis dit : « si je ne veux pas me planter, il faut que je me bouge maintenant ». J’ai donc cherché des musiciens. J’ai trouvé des mecs absolument géniaux. Ils m’ont aidée à passer cette étape difficile. Et puis ils m’ont permis d’enchaîner vite. On avait commencé à monter des morceaux alors que j’étais encore à l’école. Du coup, quand je suis sortie, j’avais déjà un petit répertoire et de quoi tourner. En fait, la transition a été relativement douce, parce que je l’avais préparée.

Est-ce que les difficultés actuelles de l’industrie du disque ont des conséquences sur la curiosité des maisons de disques pour les jeunes chanteurs ?

J’avoue que je ne me suis jamais vraiment penchée sur l’aspect discographique de mon boulot. Ce qui m’intéresse le plus, c’est la scène. Après, c’est vrai que les maisons de disques se cassent la gueule. Mais un artiste peut toujours continuer à faire son boulot sur scène. J’ai fait un disque pour avoir une trace de mes chansons et pour pouvoir donner quelque chose aux gens qui viennent me voir. Mais moi, mon boulot c’est la scène. Cependant, je ne tiens pas à mettre tous les labels dans le même sac. Par exemple Wagram qui est aujourd’hui le seul gros label indépendant, continue d’avoir une vraie curiosité. Ils sont là, ils vont dans les festivals, ils suivent les artistes.

Sur ton myspace, on peut voir que tu fais beaucoup de concerts en Picardie. Comment ça se fait ? T’es originaire de là-bas ?

Mes musiciens viennent de l’Oise et ils jouent dans la région depuis longtemps. Ils avaient donc pas mal de contacts et c’est comme ça que nous sommes rentrés dans ce réseau là. Et puis, il faut savoir que c’est hyper dur de gagner sa vie à Paris. C’est donc nécessaire d’aller en province. On y est d’ailleurs beaucoup mieux reçu. Les gens sont contents d’avoir des artistes qui viennent chez eux. Du coup, on est toujours accueilli avec le sourire. Et ça c’est déjà énorme. Quoi qu’il se passe, on nous donne à manger et à boire. En plus, la plupart du temps c’est déclaré et on a des cachets. Vive la Picardie ! (rires)

Tu fais aussi des scènes parisiennes. En quoi les deux ambiances sont-elles différentes ?

C’est très différent. On est très nombreux, donc forcément, c’est bien plus dur. En plus, beaucoup d’artistes acceptent de jouer dans des conditions qui ne cessent de se dégrader. Dans le meilleur des cas, tu peux gagner 100 euros au black. Et je ne parle pas des bistrotiers qui sont là pour vendre leur bière et pour faire du chiffre. Ils sont bien contents par ce qu’on leur ramène du monde et au final, t’as trois euros dans un chapeau ! Après, il reste quelques salles qui proposent des conditions à peu près dignes. Mais quand on débute, ces salles ne sont pas forcément accessibles.

Par rapport aux différents morceaux de toi que j’ai écouté, laisse-moi te demander : Es-tu « Paresseuse » ?

Oui. Carrément ! C’est bon de ne rien foutre.

Es-tu la « Muse » de quelqu’un ? Sinon en as-tu une ?

Je suis la muse de personne. En tous cas, je ne suis pas au courant (Rires). Et est-ce que j’ai des muses… oui, j’ai des muses. Ceux qui m’influencent. Souchon et tous les autres.

Es-tu « Pétée de thunes » ?

Pas du tout ! Malheureusement. Enfin, je dis malheureusement mais en fait ça m’intéresse pas d’avoir plein d’argent. Je crois que je culpabiliserais d’être riche. Un petit peu plus ce serait bien. Histoire qu’à la fin du mois, je n’aie plus à me poser la question de savoir si je fais des pâtes au beurre ou des pâtes à huile d’olive.

Vu que tu dis que « c’est con le bonheur », quel est le dernier truc qui t’a rendue heureuse ?

Je ne sais pas… le dernier bisou de mon amoureux. Il y a plein de choses qui me font plaisir.

Et d’après toi, ce sera quoi le prochain ?

Trouver un autre boulot. Je ne parle pas de la musique mais de mon boulot alimentaire qui ne me plaît pas trop. J’peux en profiter pour faire une annonce ? Alors, si vous avez un job plutôt lié à la culture. Un travail dans une bibliothèque, un centre culturel, une librairie, contactez-moi… Au fait, j’ai une forte poitrine, je suis brune mais je peux teindre en blonde.

www.myspace.com/elisebelmont2

Textes et photo : Lucile Pescadère

5 commentaires

  • By Nicephore, 14 février 2009 @ 16:20

    Ca donne envie de mieux connaître cette chanteuse ! Où je peux achter/écouter son EP ?

  • By Eddy, 15 février 2009 @ 20:58

    Plus d’interviews sur le site, elles sont cool.

  • By Christian!, 18 février 2009 @ 17:13

    Yeah !

  • By Eric, 21 avril 2009 @ 14:31

    Bcp aimé sa chanson PARESSEUSE!

  • By jean-philippe, 21 octobre 2010 @ 18:37

    je ne connaissais pas cette chanteuse ! Merci pour la découverte et pour l’interwiew forte attractive !

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