Photo > August Sander, portraitiste du XXe siècle
Monomanie, névrose, obsession artistique ? Difficile de savoir de quel mal souffrait August Sander. Ce qui est sûr, c’est que sa persistance, donnez lui le nom que vous voulez, est à l’origine d’une œuvre photographique tout à fait incroyable. Depuis les années 1910 jusqu’aux derniers jours de sa vie en 1964, l’artiste a traqué ses contemporains dans le but de réaliser un inventaire des types humains et classes sociales de son époque. Le résultat de ce travail titanesque s’appelle Hommes du XXe siècle.

Une partie des centaines de tirages qui constituent cette somme est exposée jusqu’au 20 décembre à la Fondation Cartier-Bresson. Incroyable par son envergure, le projet l’est aussi par sa modernité. Car s’ils constituent le reflet d’une époque désormais lointaine, les clichés n’ont pas cet aspect statique et poussiéreux souvent attribué aux portraits début de siècle.
Les deux boxeurs, le pâtissier, les invalides de guerre, les révolutionnaires, le peintre, la secrétaire, les étudiants-ouvriers ou le marchand d’allumettes nous inspirent tous des sentiments puissants : on devine l’angoisse, la tristesse, la joie et on sourit beaucoup. Les aspects historiques s’allient avec succès à une forme d’expression artistique (prise de vue frontale, la restitution purement objective du sujet qui a marqué de nombreux photographes de la seconde moitié du XXe siècle.

August Sander « Voir, observer et penser »
jusqu’au 20 décembre à la Fondation Henri Cartier-Bresson, 2 impasse Lebouis 75014 Paris.
Lucile Pescadère
Un commentaire
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By Krilin, 6 décembre 2009 @ 22:55
Très intéressant !