Photo > Quand les Stones s’exilent…

Jeudi 3 juin. Nous sommes conviés à la projection de Stones in exile, documentaire de Stéphane Kijak sur l’exil français de la bande à Jagger au tournant des seventies (yeah baby). En 1971, acculés par le fisc britannique, ils s’étaient installés à Villefranche-sur-Mer dans la luxueuse villa Nellcôte pour y enregistrer le célèbre Exile on Main Street. Le film retrace cette époque de la vie des Stones et de toute leur armée de parasites attitrés. Rock’n’roll.
Il est 11h00 au cinéma l’Arlequin. La projection du film vient de s’achever. Tandis que la plupart des spectateurs prennent le chemin de la sortie, d’autres (beaucoup moins nombreux -faut dire qu’à l’extérieur attendaient les restes du petit-déjeuner de presse) se dirigent vers Dominique Tarlé. Vous savez, le photographe qui a partagé le quotidien des Rolling Stones en 1971 lors de l’enregistrement en France, à Villefranche-sur-Mer plus précisément, d’Exile on Main Street. L’œil brillant et la voix chevrotante propres aux fans absolus, un des membres du petit groupe qui a préféré l’info à au café, demande : « Est-ce que les Stones ont l’intention de retourner en studio ? ». Sur ce sujet, Dominique Tarlé n’a semble-t-il pas de réponse à apporter. Lui, ce dont il peut parler, c’est de la période Nellcôte. D’ailleurs, il est là pour ça. Cool, les mains dans les poches, il répond aux questions des journalistes et curieux qui souhaitent récolter quelques renseignements complémentaires sur Stones in exile, film projeté à Cannes en mai dernier et qui sort en DVD le 15 juin prochain.

« De la musique, il y avait que ça. Du matin au soir », dit-il, dézinguant au passage les langues perfides qui laissent entendre qu’il y avait plus de sexe et de drogues que de rock’n’roll. Ok pour la musique. Impossible cependant de nier l’évidence. Des narcotiques, il y en avait aussi et pas qu’un peu. Le film qui retrace le quotidien des Stones, de leur entourage et des gratteurs qui se sont incrustés dans la splendide villa louée par Keith Richards, s’en fait bel et bien l’écho. A ce propos, le passage où Jake Weber, 8 ans à l’époque, explique que son père l’avait utilisé comme mule pour approvisionner la villa en cocaïne, est assez savoureux. Mais attention, le documentaire est quand même bien bordé par les Stones (Mick Jagger, Keith Richards et Charlie Watts en sont les producteurs). « Je suis ravi qu’ils se soient autant investis dans ce projet », préfère dire Dominique Tarlé avant d’ajouter : « Vous savez, pour Mick, il n’y a que les objectifs futurs qui comptent. Le fait qu’il ait accepté de réécouter les bandes d’Exile et de participer à l’élaboration du film, c’est extraordinaire ».

Mick Jagger n’est pas le seul à s’être impliqué dans ce documentaire. L’ensemble des membres du groupe ont aussi participé au film, leurs témoignages se mêlant délicieusement avec ceux des autres personnes ayant fréquenté la villa Nellcôte en 1971 (Anita Pallenberg, l’ex compagne de Keith Richards, Dominique Tarlé et toute une faune plus ou moins liée au monde de la musique). Côté images, on retrouve les clichés des Dominique Tarlé, seules archives attestant de la vie dans la villa de Villefranche-sur-Mer et celles d’Ethan Rusell qui a suivi les Rolling Stones tout au long de la tournée américaine qui a suivi l’enregistrement de l’album. Il y a aussi quelques extraits du légendaire et sulfureux Cocksucker blues, le film réalisé par Robert Franck jugé sans intérêt et interdit de diffusion par les Rolling Stones - pour vous faire un avis, il suffit de se connecter à Youtube tout comme Rwk1983 qui a laissé cet aimable commentaire : « this movie sucks ». Contrairement au film de Robert Franck, Stones in exiles, outre le fait qu’il n’est pas « fucking boring » (dixit lednails, un camarade virtuel de Rwk1983), nous donne l’illusion d’entrer dans l’intimité du plus grand groupe de rock du monde et réveille nos plus bas instincts.

Stones in exile de Stephen Kijak, sortie DVD le 15 juin (Eagle Vision / Naïve)
+ Soul Survivors, exposition des photos de Dominique Tarlé à la galerie de l’Instant (46, rue de Poitou 75003 Paris) jusqu’au 22 septembre.
Lucile Pescadère
Un commentaire
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By jean-philippe, 14 juin 2010 @ 22:17
bravo Lucile pour ce superbe article sur les Stones ! ce documentaire est fort bon et me fait aimer plus encore les Rolling Stones ! ce sont vraiment les plus grands et “exile on main street” est un chef d’oeuvre absolu au meme titre que “let it bleed” , “sticky fingers” ou encore “Aftermath” . It’s only rock’n'roll and i like it !
bonne semaine à toi !