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Posts tagged: Robert Doisneau

Photo > L’autre Robert Doisneau

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Bien souvent réduite à quelques images bon enfant – gnangnan, l’œuvre de Robert Doisneau est en fait bien plus riche qu’elle n’y paraît. La preuve avec la dernière exposition de la fondation Henri Cartier-Bresson.

Ne cherchez pas, vous ne les trouverez pas. Ici, il n’y a ni amoureux se bécotant sur la place de l’Hôtel de ville ni écoliers mignons avec une raie sur le côté. Avec sa nouvelle exposition, la Fondation Henri Cartier-Bresson propose de découvrir un autre Robert Doisneau. Intitulée Du métier à l’œuvre, cette présentation regroupe une centaine de tirages choisis parmi les trésors de l’atelier de l’artiste et diverses collections privées et publiques. Ces images prises entre 1930 et 1966 sortent définitivement Doisneau du casier « photographe qui prend des amoureux et des enfants rigolos dans la rue ». Rassurez-vous, il y a quand même quelques photos avec des gamins battant le pavé parisien (à commencer par ce magnifique cliché baptisé Les glaneurs de Charbon – 1945) mais elles sont loin de constituer le cœur de l’exposition.

Non, ce qui fait la force de l’expo, se sont plutôt les photos prises pendant l’occupation. Marquées par la spontanéité, les images comme Le lancer de tracts (1944) et Alerte dans le métro (1944) apportent un témoignage précieux sur le quotidien des Parisiens pendant les années 1940-1944. Plus politique, Le Cheval tombé (1942) est considéré par Doisneau comme une métaphore de Paris écrasé sous la botte nazie. « Paris sous l’occupation, c’était l’humiliation. Il fallait descendre du trottoir pour laisser passer le superbe officier allemand, montrer sa carte d’identité ou ouvrir sa valise à n’importe quel coin de rue », avait un jour déclaré le photographe.

Les images de la banlieue parisienne constituent l’autre atout de cette exposition. Composé d’une quinzaine de clichés, cet ensemble offre la possibilité d’un voyage dans le temps. Les photos d’un match de foot dominical (Choisy-le-Roi, 1945), d’une soirée cirque en plein air (Gentilly, 1948), d’un bal de 14 juillet (Arcueil, 1945) ou d’une course de cyclocross (Gentilly, 1947) restituent la réalité d’une banlieue qui n’existe plus. Jean-François Chevrier, critique et historien de l’art, évoque d’ailleurs le besoin qu’avait Doisneau de « fixer ce qui était en train de disparaître », de laisser « le souvenir de ce petit monde qu’il aimait tant ». Bien lui en a pris.

Robert Doisneau - Du métier à l’œuvre : jusqu’au 18 avril à la Fondation Henri Cartier-Bresson (2, impasse Louis Lebouis 75014 Paris).

Lucile Pescadère