Pinguins Records : Epilogue

” Internet nous a tué. Alors qu’Internet deviens incontournable dans nos vies il peut faire aussi des dégâts. Détruire toute une économie. La baisse des ventes de vinyles a commencé en 2004 avec l’apparition des mp3, des 1er logiciels « Serato» et des 1er dj’s qui refusaient le vinyle. Il fallait pas se voiler la face , la numérisation de la musique electro était un évènement important et semblait logiquement se développer en alternative du vinyle.
Jusqu’en 2007-2008 le format Mp3 devenait trés présent, de plus en plus de dj’s se tournaient vers ce format , le mettaient en avant grâce à leurs prestations , la presse et les médias. Une espèce de mode , d’attitude qui consistait à faire croire que le mp3 serait le futur et surtout le format incontournable. Le doute était là car nous étions persuadés de la qualité sonore du vinyle alors que toute une génération basculait aisément dans le mp3 dont de nombreux utilisateurs reconnaissaient une qualité moyenne voir médiocre.
Avec amélioration des logiciels et platines cds et le développement des sites illégaux de téléchargement gratuits de fichiers mp3 (blogs/site russe etc…) nous réalisions que nous allions vers une mort certaine. Les dj’s ont préféré la gratuité à la qualité c’est un fait.
Je ne compte plus les dj’s autour de moi , qui osent demander de l’argent pour leur prestation , alors qu’ils n’ont pas acheté un seul track sur leur disque dur. Les mêmes qui ont relancé l’industrie du vinyle dans les années 90 se sont chargés de le tuer dans les années 2000.
Aujourd’hui les fans du vinyle ne sont pas nombreux mais encore actifs. Avec une âme de collectionneur. Leur façon d’acheter a changé aussi. Ils sont plus à la recherche de certaines références bien précises qui vont l’inciter à acheter leur disque sur le net, sur des sites spécialisés. Du coup les shops sous forme « physique » comme Pinguins ne correspondent plus à la demande. Et pour payer toutes les charges d’un shop il faut des ventes en gros volume. Ce qui n’était plus le cas en 2009-2010. La crise économique n’a pas aidé non plus.
Trop de paramètres contre nous. Une certaine frustration aussi car se sentant complètement impuissant face à cette situation qui nous échappe.
Je pense également que le shop a été victime de la baisse culturel du milieu electro de montpellier. Trop peux d’organisateurs de soirées , de 7 clubs en 2000 à 2 clubs en 2010 (Dune et Villa rouge) , de 5 disquaires electros à 1, les bars , le desinteret pour cette culture a été croissant.
La raison ? Peut etre une récuperation du mouvement underground dans les clubs, l’orientation plutot vénale des nouveaux organisateurs (pas tous heureusement), rechignant sur le son et lumiere, n’y voyant qu’un moyen de gagner toujours plus mais en oubliant l’essentiel : rendre les gens heureux. La musique minimale dans les clubs qui a pris trop d’importance (trop intellectuel pas assez festif) la musique hardtek/tribe qui n’a pas su innover apres la vague « hardfloor », la drum assez répétitive et à bout de souffle.
Chacun doit avoir son avis.
Je ne veux pas rester sur une note « négative » et je voudrais remercier tous mes amis , mes fidèles clients , les autres organisations qui nous ont soutenus pendant ces longues années.
Des soirées comme Borealis sont à jamais gravées dans ma mémoire et ceci grâce à vous tous.
La joie et la fierté d’avoir connu cela n’est pas quantifiable et mesurable.
Je ne quitte pas complètement le milieu pour autant, nous avons en projet avec des amis de lancer une webradio electro sur montpellier.
Affaire à suivre…..
Continuez à soutenir le vinyle. Continuez à soutenir la qualité. Bonne continuation à vous mes amis.
Quand aux autres : bon download…….. ”
Willy (Gérant)





























